Vous pouvez faire la recherche par genre (certains cliqueront sur “érotique”, et auront raison - l’érotisme du début du siècle est absolument hilarant), ou bien par pays. Je me suis bien évidemment empressée de voir quels films le GosFilmFond de Moscou avait mis en ligne.
J’ai donc pu voir un petit documentaire sur l’usine de conserves de poisson d’Astrakhan (1908, pittoresque), et, au même moment que je rédige ce post, je regarde “Le malheur de Sarah” (1912), un drame adapté de la littérature yiddish, très populaire à l’époque (j’avais déjà mentionné ici le théâtre yiddish lorsque je parlais de La Corde et la pierre des frères Vaïner). Parmi les acteurs, Ivan Mosjoukhine, un russe blanc qui a fui la Russie en 1919 pour la France. Quant à Arkatov, le réalisateur du film, il fut nommé à la tête du MosKino par le comité bolchevique où il devait réaliser des films de propagande à l’adresse du public juif. En 1919, il part pout les Etats-Unis où il fera des films corporate.
Je suis une grand fan du cinéma du début du siècle (c’est un blog personnel et je commence souvent mes phrases par “je”, vous avez peut-être déjà remarqué). “Une grande fan” ne veut pas dire que je suis une folle furieuse de Max Linder (ceci dit, je dois avoir en ma possession tous les Charlie Chaplin sur le même DVD - invention des pirates russes - que je n’ai jamais regardé… Je ne sais pas pourquoi, mais parfois le fait d’acheter un livre ou un DVD me donne l’impression de l’avoir déjà lu) Je ne collectionne pas, mais de temps en temps j’aime bien regarder un film muet délicieusement désuet. C’est devenu encore plus facile avec le site Europa Film Treasures qui a mis en commun les fonds d’une quinzaine de cinémathèques européennes (dont celle de Moscou). Les films, dont la plupart sont inédits, sont accessibles gratuitement en streaming (et en bonne qualité).
Il y a aussi des documents rarissimes, comme la vidéo montrant Nicolas II en visite au Danemark (1901), ou bien un Max Linder coloré au pochoir (Les surprises de l’amour). Le site rassemble suffisamment d’informations sur chaque film pour le rendre intéressant et compréhensible aujourd’hui. Il est même tellement bien qu’il est aujourd’hui victime de son succès - avec tous ces gens qui se connectent sur le site aux heures du bureau (malins que vous êtes!), le visionnage est loin d’être fluide… En revanche, là, un dimanche à minuit, il n’y a aucun problème! Avis aux insomniques cinéphiles.
Un film a (re)decouvrir
Ce film merite d’etre (re)decouvert en 2026. Le cinema, comme le vin, vieillit parfois remarquablement bien — et certains films qu’on a oublies meritent une seconde chance. Les plateformes de streaming (Mubi, Arte.tv, Amazon Prime) ont rendu accessible un catalogue immense de films qui, il y a quinze ans, etaient introuvables.
En Russie, la culture cinematographique est profondement ancree. Les Russes sont des cinephiles passionnes — on discute des films pendant des heures, on cite des repliques, on revoit les classiques avec la meme ferveur que la premiere fois. Cette passion m’a suivie a Paris, ou j’ai la chance de vivre dans la capitale mondiale du cinema d’auteur.
Pour d’autres critiques de films, parcourez la categorie Cinema de ce blog — plus de 80 critiques, du blockbuster hollywoodien au film d’auteur asiatique, en passant par le cinema russe.