et de Mr. Magorium’s Wonder Emporium( avec Natalie Portman, Jason Bateman, Dustin Hoffman, sortie USA en novembre 2007).
L’histoire. Annie et Jacques (Cristiana Reali et Vincent Elbaz) sont mariés. Elle est écrivain. Elle se drogue, aussi. Aux amphétamines, car elle se trouve grosse. Elle est boulimique. Et lui? Il l’aime. Son roman, pour la protéger des critiques et des lecteurs, il le signe de son nom à lui. Mais cela suffit-il pour la sauver? Rien de comique dans cette histoire-là. Le théâtre (Théâtre Comedia) est assez mal choisi alors, car il y en a, dans le public, des spectateurs qui pensaient voir une comédie. Il y en avait même qui se croyaient au cinéma, avec leur paquet de chips. Mais ça, ce n’est pas la faute de Zach Helm. C’est que - j’ai l’impression - on perd peu à peu la capacité de nous laisser émouvoir, surprendre, transporter… sans attendre des blagues à la Bigard. Ou je me trompe?
La mise-en-scène. C’est probablement LA raison d’aller voir cette pièce. Point de temps morts, tout s’imbrique, tout bouge, tout sautille dans vos yeux - et vous commencez à voir le monde avec les yeux d’Annie. Le décor mobile imaginé par Pierre François Limbosch et les lumières et effets spéciaux vidéos de Christophe Grelié y sont pour beaucoup. Six panneaux mobiles sur lesquels sont projetés des photos, des vidéos, des animations, organisent l’espace scénique. Ce n’est pas sans rappeler Bob Wilson, mais ici les décors font vraiment partie de l’histoire, ils la illustrent, l’encadrent, sans eux, elle ne serait pas possible. Voici un extrait de la pièce (vous verrez mieux l’idée des panneaux vidéo):
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Annie se met à faire le ménage (“pour ne pas penser”), lave les fenêtres - qui changent de taille et de place comme par magie. Les objets se déplacent d’eux-mêmes. Et il suffit de cligner des yeux pour se retrouver, tout à coup, dans un café new-yorkais, avec, au second plan, ces fameux immeubles aux escaliers de secours en zigzag. Alors, on se sent à la frontière du théâtre et du cinéma, avec de vrais acteurs qui bougent dans cet espace faux, mais si familier.
Deuxième essai de John Malkovich dans la mise en scène (après “Hysteria” de Terry Johnson au théâtre Marigny en 2002), Good Canary est une pièce de Zach Helm, un scénariste américain en vue, qui a notamment signé les scénarios de l’Incroyable destin de Harold Crick
Les acteurs. **Le duo Cristiana Reali-Vincent Elbaz fonctionne assez bien (mieux à la fin qu’au début, où Elbaz est mal à l’aise et où Reali en fait beaucoup trop). Ariel Wizman n’est pas très crédible, mais il a un tout petit rôle. Jean-Paul Muel apporte une note de comédie amère dans le rôle de l’éditeur dépassé par ses dettes. ** Faut-il aller la voir? **Oui, si vous aimez le théâtre, et que vous vous sentez de voir une pièce difficile mais intéressante. Non, si vous avez du mal avec le théâtre contemporain qui ne vous fait pas assez rire.
Où? Théâtre Comedia, 4 bld de Strasbourg 75010 Paris. Jusqu’au 4 novembre 2007.
Un film a (re)decouvrir
Ce film merite d’etre (re)decouvert en 2026. Le cinema, comme le vin, vieillit parfois remarquablement bien — et certains films qu’on a oublies meritent une seconde chance. Les plateformes de streaming (Mubi, Arte.tv, Amazon Prime) ont rendu accessible un catalogue immense de films qui, il y a quinze ans, etaient introuvables.
En Russie, la culture cinematographique est profondement ancree. Les Russes sont des cinephiles passionnes — on discute des films pendant des heures, on cite des repliques, on revoit les classiques avec la meme ferveur que la premiere fois. Cette passion m’a suivie a Paris, ou j’ai la chance de vivre dans la capitale mondiale du cinema d’auteur.
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